LES BLESSURES DU COUREUR A PIED
Vaincre la tendinite du tendon d'achille

Le terme “tendinopathie” regroupe plusieurs pathologies en rapport avec le tendon lui-même (tendinite corporéale), son insertion (tendinite d’insertion ou enthésite), les gaines qui assurent son glissement (péri-tendinite ou ténosynovite) ainsi que les bourses séreuses qui l’entourent (bursite). Ces dernières sont semblables à de petits coussinets entourant le tendon et permettant son amortissement. [N.B : Les bursites ne seront pas décrites dans cet article.] La tendinopathie achilléenne représente la fameuse tendinite du coureur ! Pourquoi ? Parce ce tendon représentait le seul point faible d’Achille, héros grec réputé invulnérable mais mort par une flèche empoisonnée reçue à cet endroit. Depuis, le “tendon d’Achille” correspond au point faible d’une personne. Plus gros tendon du corps humain, le tendon d’Achille peut supporter des charges allant jusqu’à 400 kg. La course à pied est un sport très traumatisant pour les membres inférieurs à cause de la répercussion des ondes de chocs, ce qui fait des coureurs des sportifs particulièrement exposés.
ANATOMIE
Le tendon d’Achille est un tendon puissant qui relie les muscles du mollet (le triceps sural comprenant les jumeaux) au pied en s’insérant sur le calcanéus (os du talon).
Il participe donc activement à la flexion plantaire du pied, correspondant lors de la course à la phase de propulsion.
Il fait partie intégrante du système suro-achilléo-calcanéo-plantaire puisqu’il est étroitement lié à l’aponévrose plantaire située sous le pied par l’intermédiaire du calcanéus qui sert de poulie.
LES CAUSES
Bons nombres de facteurs peuvent favoriser la tendinite achilléenne, il y a des causes dites intrinsèques c'est-à-dire en rapport avec l’anatomie du membre, par exemple un Achille court correspondant à une rétraction du tendon ou un Achille grêle en rapport avec un tendon fin.
De la même manière, les troubles statiques du pied tels que le pied plat ou le pied creux peuvent favoriser une tendinopathie d’Achille en faisant travailler le tendon dans une mauvaise position.
Par ailleurs, des facteurs extrinsèques tels que la déshydratation à l’effort ou le manque d’hydratation quotidienne favorisent l’apparition de tendinite (il faut boire au moins 1,5 à 2 L d’eau/jour).
Evidemment, les facteurs liés à l’entraînement comme la reprise brutale, le changement de surface de course, le surentraînement ou le manque d’étirement ou d’échauffement sont source de blessure.
N’oublions pas par ailleurs les facteurs liés aux équipements tels que le changement de chaussures et surtout le mauvais choix des chaussures (différence chaussures pronatrices, supinatrices ou universelles).
Enfin, divers facteurs comme l’âge (diminution de l’élasticité du tendon), des troubles métaboliques ou certains médicaments (antibiotiques tels que fluoroquinolone, corticoïdes) peuvent être à l’origine d’une fragilité tendineuse.
LES SIGNES CLINIQUES
Comme toujours chez le sportif, la douleur est LE signe qui amène à consulter. Les symptômes de la tendinopathie sont ainsi classés en 4 stades :
> Le stade 1 évoque le début de la tendinopathie, les douleurs apparaissent progressivement après l’effort, elles ne gênent généralement pas l’activité sportive.
> Le stade 2 est en corrélation avec des douleurs à l’échauffement, qui disparaissent lors de la course pour réapparaître après l’effort.
> Le stade 3 entraîne généralement une altération des performances sportives et finit par faire arrêter la course à pied, les douleurs étant constamment présentes, avant, pendant et après l’effort.
> Le stade 4 correspond à l’ultime lésion du tendon d’Achille : la rupture. Souvent retrouvée chez le sprinter, elle est généralement brutale avec un claquement audible perçu par le coureur. Très douloureuse, elle entraîne une impotence fonctionnelle majeure.
En toute logique, suivant le type de tendinopathie, la localisation des douleurs varie : elles seront plutôt situées au niveau du tendon lui-même en cas de tendinite ; plutôt au niveau du talon ou à la moitié du mollet en cas de tendinite d’insertion.
La douleur est retrouvée à la palpation de la zone atteinte mais aussi à certaines manœuvres réalisées par le médecin, le podologue ou le kinésithérapeute du sport :
La contraction contrariée du triceps sural (muscle du mollet comprenant notamment les jumeaux) est douloureuse, ainsi, la marche sur la pointe des pieds est difficile.
L’étirement du tendon est également douloureux. En pratique c’est l’accroupissement qui est limité.
En revanche, les mouvements de cheville sont indolores puisque l’articulation de la cheville n’est pas atteinte.
Enfin, notons qu’il est possible dans le cadre des ténosynovites notamment, de retrouver un petit gonflement local ou des nodules.
LE TRAITEMENT
En toute logique, le REPOS SPORTIF est la 1ère mesure à prendre. Plus ou moins complet et plus ou moins long suivant le stade de la tendinopathie.
La reprise sportive ne se fait pas avant 45 jours dans environ 70% des cas. Dans tous les cas la reprise de la course ne se fera qu’après disparition des douleurs.
La pratique de sport non portant tels que le vélo peut être une bonne alternative pour ne pas perdre ses capacités musculaires et respiratoires sous réserve que la pratique soit indolore. La natation peut également être conseillée.
En cas de lésion avancée, le médecin pourra prescrire des anti-inflammatoire.
Le glaçage bi ou tri-quotidien est particulièrement recommandé pour calmer l’inflammation. Pour ce faire, vous pouvez vous procurez un “cold-pack” (poche de glace émiettée) en pharmacie et appliquer là sur votre tendon entre 20 et 30’ 2 à 3 fois/jour.
La kinésithérapie est bien souvent un passage indispensable chez le coureur (ondes de chocs, massages transverses profonds…).
Les étirements musculo-tendineux sont bien sûr indispensables pour retrouver une bonne élasticité.
A noter que dans les cas graves notamment les enthésites, une immobilisation pour mettre au repos le tendon algique peut être nécessaire.
LA PREVENTION La consultation chez un podologue du sport a quant à elle un rôle majeur dans la reprise de l’activité et la prévention de la récidive. Des bilans statique et dynamique par analyse vidéo sur tapis de course ainsi que l’analyse de vos chaussures de running permettront au podologue du sport de vous confectionner des orthèses plantaires thermoformées sur mesure avec des matériaux amortissant, dynamique et léger.
En cas de conflit entre le tendon et le contrefort de la chaussure, le podologue du sport pourra incorporer aux semelles une coque talonnière de capitonnage pour isoler le tendon atteint. Evidemment n’oubliez pas de beaucoup boire, le manque d’hydratation étant source de tendinopathie. Pour rappel, comptez 1,5 à 2 L d’eau/jour.
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Très fréquente chez les coureurs de fond, la blessure du tendon achilléen nécessite une bonne prise en charge thérapeutique. La guérison ne se fera pas spontanément surtout si on continue à courir ! Eviter en tous les cas le port de talonnettes achetées en pharmacie, celles-ci ne sont pas sur mesure et bien souvent beaucoup trop molles pour vous soulager car elles feront perdre de la stabilité au pied, sollicitant le tendon d’Achille… Enfin, n’oubliez pas que pour prévenir toute blessure, mieux vaut une activité physique progressive, régulière et variée… et pensez à vous étirez ! |